Parcours, quelques repères

Bernard Briantais est un artiste paradoxal et profondément humaniste. Paradoxal, par son parcours d’autodidacte passé de l’abstraction à la figuration de l’humain. Paradoxal comme le choix de ses marqueurs artistiques. Parmi ses références il vous citera Camus, Rabelais, Bruegel et Karel Appel, Goya, Courbet et Rothko, la liste est longue tant l’homme est un érudit boulimique. Alors arrêtons nous sur trois noms. Ghirlandaio, Le Vieil Homme et l’Enfant (1490). Une pure merveille pour Bernard Briantais, qui voir dans l’exagération du visage déformé par la maladie du vieillard une vérité spontanément émouvante qui transcende la représentation du réel. Charlie Chaplin, Les Lumières de la Ville (1931). Première TV et l’un des premiers films qu’y découvre le jeune Briantais. Aujourd’hui encore, il n’a pas oublié « le clochard qui fait la nique aux bourgeois. » Chez Bernard Briantais la cocasserie est reine, l’indifférence à son propre malheur est un pied de nez aux nantis. Francis Bacon, peintre de la tension, de « l’intensément réel qui conduit à l’outrance de la déformation ». Comme lui, Bernard Briantais est convaincu qu’il faut forcer le trait pour être juste. Bernard Briantais vous citera également l’éblouissement produit sur lui par les œuvres de Turner et Rothko. Mais la pure contemplation, il préfère la cultiver dans son jardin que dans son travail artistique. Comme une nécessaire plage de modération. Bernard Briantais est un artiste profondément humaniste, convaincu qu’il est impossible de parler de l’humain sans prendre position. Il y a quelques années, il a la vision de SDF dans les rues de Paris. Dès lors, les « clodos », prostituées et autres déclassés vont être au cœur de son travail. Comme toujours, il a beaucoup lu sur ce que va devenir sa recherche artistique. Il nous cite de mémoire cette phrase de Camus : « Oui il y a la beauté et les humiliés. Quelques que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais n’être jamais infidèle ni à l’une ni aux autres. » Bernard Briantais peint des personnages dénudés (parfois littéralement) et qui ne se cachent pas. Si les visages sont parfois masqués, cela relève autant de la recherche d’identité que de l’exutoire carnavalesque et de son côté subversif.

Foi en l’humain, truculence, cruauté : le monde de Bernard Briantais est aussi violent. La mort rôde, comme l’ivresse destructrice et les pulsions sexuelles. Mais la souffrance ne laisse jamais place au pathos. A l’image des danses macabres moyenâgeuses, la brutalité de notre monde doit nous conduire à exorciser nos angoisses dans une foi jubilatoire, une joie conjuratoire. L’expression artistique de Bernard briantais est lumineuse et féconde. Son trait, qui utilise la sanguine, l’encre de chine ou le crayon de couleur, est fluide. Il se fait parfois acéré, parfois flou aussi comme les prémices de la mort ou du coma éthylique. Récemment, Bernard Briantais a commencé à mettre en boîte les « gilets jaunes ». Il nous les dévoile avec jubilation, faisant venir pour l’occasion sa femme qui n’avait pas encore été autorisée à voir ce travail – non pas qu’il ne soit pas très soucieux de son avis, bien au contraire. Sans surprise ses « gilets jaunes » recèlent une humanité profonde, qui nous impose de poser sur eux un regard bienveillant, au-delà de toute idéologie. Bernard Briantais affectionne mettre en boite ses scènes d’humanité, tel des castelets, utilisant des cagettes de bois ou des morceaux de carton : quoi de mieux que des matériaux déclassés de la société de consommation pour servir d’abri à « ses » laissés-pour-compte ?

Matthieu Peronnet

CV

Expositions personnelles

2020  LisArt – Mers-les-Bains

2019  Bibliothèque Expression Livre – Nantes

2017  La maison sous les paupières – Rauzan

2016  Galerie Perrine Humeau – Nantes

2015  L’Usine – Paris

2014  Galerie Hervé Landais – Nantes

2013  Galerie de la Baie Arradon (56)

2013  Galerie Hervé Landais – Nantes

2012  Manoir des Renaudières – Carquefou

2011  Galerie Hervé Landais – Nantes

2009  Le Temple du Goût – Nantes

2007  L’Art prend l’Air – Atelier de la Carterie – Nantes

2006  Entrepôt Mat de Misaine – Nantes

2002  Art Galerie – Nantes

1998  Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes

1997  Centre Culturel – Saint-Nazaire

1996  Centre Culturel Onyx – Nantes

1995  Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes

1994  Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes

1991  Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes

1990  Exposition « Rencontre dans l’Ile » – Sallertaine

1988  Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes

Expositions collectives

Décembre 2020 – Janvier 21  Le Triphasé – Nantes

Octobre 2020  Artcité – Fontenay-sous-Bois

Février 2020  Galerie Menil’8 – Paris

Novembre 2019  Festival « Art et Déchirure » – Rouen

Septembre 2019 Le Triphasé – « Bazut et Simplet » (JL Giraud, B. Briantais) – Nantes

Juin 2019  Le Grand Baz’Art Festival international d’art singulier – Gisors

Mai 2019  Association lflf2015 – Émilie Collet et Bernard Briantais – Lieu Unique – Nantes

Mai 2019 29ème salon de peinture et sculpture – Maromme (76150)

2018  Art partagé Oeil-art Rives

2018  Association lflf2015 – St malo de Guersac

2018  Landes Art – Notre Dame des Landes

2018  Art Philo – Saint Hillaire de Riez

2017  Festival Art et déchirure – Rouen

2017  Des Singuliers de l’Art – Carquefou

2017  Art Compulsion – Montpellier

2016  Art Posté – Carquefou

2015  Les Arts Papiers – Nantes

2015  Feu Vert à Jean Fradin – Rezé

2015  Hang-Art – Saffré

2014  Galerie Hervé Landais – Nantes

2014  La Vinaigrerie (Le Pellerin)

2013  Carte Blanche à Monique et Patrice Masseboeuf
ARTEVA (Rezé)

2013  Galerie Hervé Landais – Nantes

2012  Galerie Hervé Landais – Nantes

2011  Galerie Hervé Landais – Nantes

1998  Galerie J.C. Fradin – Nantes

1995  Salon Découvertes – Paris

1994  Château de Burghauzen – Allemagne

1993  Musée des Beaux Arts de Cluj – Roumanie

1993  « 4ème Rencontre d’Art Contemporain
Galerie J.C. Fradin – Nantes

1993  Exposition « Les Bas-Fonds »
Galerie J.C. Fradin – Nantes

1992  Carte Blanche à J.C. Fradin
Chapelle des Franciscains – Saint-Nazaire

1992  Association « Terre bleue »
Château des Ducs de Bretagne – Nantes

1991  Rencontre d’Art Contemporain
Galerie J.C. Fradin – Nantes

Livre d’Artiste et recueils

2019 Je dessinais déjà dans le ventre de ma mère (Les Bonbons de Mycélium)

2018 Céleste et Capitule (Edition L’Amateur B.M. et A. Arnéodo)

2015  Du bon usage du photomaton B and B (Edition L’Amateur, BM et A Arnéodo)

2009  « Epeire et fils de Graphite »

2006  « Pedibus cum jambis »

1998  « Ce petit tas de mots »

1997  « Anorexie »